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Ἀρχική σελίς
Ἀρχική σελίς

DISCOURS CATÉCHÉTIQUE À L’OCCASION DU DÉBUT DU SAINT ET GRAND CARÊME 2010.

Ἐπιστροφή
Ἐπιστροφή

N° du protocole 139

† BARTHOLOMAIOS

PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE
DE CONSTANTINOPLE-NOUVELLE ROME,
ET PATRIARCHE ŒCUMÉNIQUE,
À TOUT LE PLÉRÔME DE L’ÉGLISE
QUE LA GRÂCE ET LA PAIX DU CHRIST NOTRE SAUVEUR,
AINSI QUE NOTRE PRIÈRE, BÉNÉDICTION ET ABSOLUTION
SOIENT AVEC VOUS


Frères et sœurs, fils et filles bien-aimés dans le Seigneur,

Dès demain, nous entrons dans le temps du Saint et Grand Carême. Au cours de l’office des Vêpres du Recueillement qui seront chantées ce soir nous entendrons le saint hymnographe nous exhorter en ces termes : « Entrons avec joie dans ce temps du jeûne, nous soumettant aux combats spirituels ». Nous nous préparons ainsi à accueillir la Passion Vénérable et la Sainte Résurrection du Dieu- Homme, notre Seigneur.

Une disposition de joie nous est ainsi, en tout premier lieu, requise afin de nous livrer avec succès aux combats spirituels de ce temps de recueillement, de purification et d’élévation. Le jeûne, la continence, la frugalité, la limitation de nos désirs, la prière fréquente, la confession et les autres éléments caractéristiques de ce temps du Grand Carême, ne doivent en aucun cas, être perçus comme des besoins pesants, des fardeaux, voire des travaux forcés, porteurs d’abattement et d’affliction. Quand les médecins recommandent la diète et la gymnastique ou d’autres exercices physiques, nécessaires à la santé et à la force de l’esprit et du corps, ils requièrent préalablement une bonne disposition d’esprit de la part de l’intéressé, son sourire, et une manière positive de penser, qui soit aussi porteuse d’espérance. Cela vaut aussi d’une manière comparable, pour le combat sacré du jeûne qui s’ouvre à nous. Nous devons considérer le Grand Carême, comme un don précieux de Dieu. Cette grâce cherche à  nous soustraire de ce qui est matériel, et tourné vers le bas- ainsi que de tout ce qui respire la mort ; elle veut nous élever plus haut, vers la sphère de l’esprit qui est pleine de santé et de vie ! Nous devons y voir la grande occasion qui nous est offerte d’assainir notre âme de toute passion, de délivrer notre corps de tout ce qui est superflu, nocif et mortel ! Nous devons, en conséquence, y voir notre très grande allégresse et notre joie. Une vraie fête, une jubilation.

Or le jeûne, mes bien-aimés -jeûne que l’Église demande à ses enfants- la continence, la frugalité, la limitation des désirs et des jouissances et de toutes les dépenses inutiles que cela entraîne, constituent une prescription salutaire, en cette année spécialement qui a vu l’explosion de la grande crise économique mondiale, crise qui porte en elle le danger de la faillite non seulement de certains « ménages » et entreprises, mais aussi de pays tout entier sur toute la surface du globe terrestre. S’ensuivrait le résultat funeste de l’augmentation exponentielle du chômage, de l’apparition d’armées entières de nouveaux pauvres, de l’explosion de bouleversements sociaux, de l’augmentation de la criminalité et d’autres phénomènes pires encore. Le Grand Carême nous enseigne comment nous conduire au quotidien sans la démence de l’excès, de la prodigalité et de l’ostentation. Il nous enseigne à rejeter l’avidité, à ignorer les provocations de la publicité, laquelle ne cesse de mettre en avant de nouveaux besoins mensongers ; il nous enseigne à nous contenter de ce qui est strictement indispensable et nécessaire, dans une frugalité digne consentie ! Il nous enseigne comment ne pas être le troupeau consommateur d’individus boulimiques, sans pensée ni cœur, mais une société de personnes sensibles qui, dans l’amour, font place à l’autre et lui tendent la main. C’est notre « prochain », il est dans la privation et de désarroi ! Le Grand Carême nous enseigne encore la patience et l’endurance, face à une privation petite ou plus importante, mais il nous apprend par la même occasion à demander l’aide et la miséricorde de Dieu, dans une grande confiance en Sa providence, pleine de Son affectueuse sollicitude. C’est cela le Carême selon la volonté du Christ ! Tous les Saints l’ont vécu ainsi ! Telle fut la lutte menée par nos pères pieux ! C’est ainsi que l’avait consciemment connu notre Eglise. C’est ainsi que notre Mère Eglise de Constantinople, qui a connu tant d’épreuves et ne cesse de veiller, le mis en avant et le proclame de tout temps, et tout particulièrement en la difficile conjoncture internationale présente.

Nous prononçons et proclamons ces paroles du saint Phanar en l’amour du Christ et dans un sentiment de responsabilité ! Nos prières paternelles vous souhaitent que le saint temps de carême où nous nous apprêtons à rentrer soit plein de toute bénédiction spirituelle et s’avère heureusement fructueux !

Saint et Grand Carême 2010
+ Bartholoméos de Constantinople
Fervent Intercesseur devant Dieu de vous tous