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Ἀρχική σελίς
Ἀρχική σελίς

COMMISSION INTERORTHODOXE PRÉPARATOIRE
9 – 18 décembre 2009
RAPPORT DU MÉTROPOLITE JÉRÉMIE DE SUISSE
SECRÉTAIRE POUR LA PRÉPARATION DU SAINT ET GRAND CONCILE.

Ἐπιστροφή
Ἐπιστροφή

Les fonctions du Secrétariat pour la préparation du saint et grand Concile sont clairement définies dans le Règlement des Conférences panorthodoxes préconciliaires. Elles consistent notamment à étudier les Contributions des très saintes Églises orthodoxes sur les thèmes figurant à l’agenda, d’une part, à dégager sur chaque thème les propositions convergentes et divergentes desdites Contributions, d’autre part ; celles-ci précisant aussi le contenu du Rapport du Secrétaire à la présente Commission interorthodoxe préparatoire. Les thèmes figurant à l’ordre du jour sont connus : a) le point resté en suspens du paragraphe 3 c) sur l’Autocéphalie et la manière de la proclamer, c’est-à-dire la signature du Tomos patriarcal, texte approuvé quant à ses autres points ; b) L’autonomie et la manière de la proclamer, et c) Les diptyques orthodoxes.

Les propositions du Secrétariat sur ces thèmes ont été présentées dans les Rapports du Secrétaire à l’époque, le métropolite Damaskinos d’Andrinople et figurent dans les dossiers préparés par le Secrétariat à l’attention de la réunion ajournée de la Commission interorthodoxe préparatoire de 1999. Ces rapports exposent quasiment toutes les approches divergentes contenues dans les Contributions des très saintes Églises orthodoxes et constituent un matériel utile au travail de la présente Commission interorthodoxe préparatoire. Ils font donc partie du dossier établi par le Secrétariat réunissant le matériel afférent aux thèmes, pour la plus ample information des délégués des très saintes Églises orthodoxes.

Dans ce sens, le présent Rapport du Secrétaire sur ces questions ne peut éviter des répétitions de thèses ou de propositions existant aussi dans les précédents rapports du Secrétariat et qui sont connues de vous tous, mais la tâche du Secrétaire est d’établir la liaison entre ce qui est déjà connu et le mandat confié à la présente réunion de la Commission. Certes, durant la période écoulée depuis la dernière réunion de la Commission interorthodoxe préparatoire, certaines très saintes Églises orthodoxes ont formulé des suggestions ou des avis sur des aspects des thèmes à l’examen. Le Secrétariat les a intégrés dans le contexte général de ses propositions pour qu’ils soient examinés, voire servir à l’élaboration des textes de consensus. Voilà donc ces propositions :

1. L’autocéphalie et la manière de la proclamer
Sur cette question, le texte élaboré et unanimement approuvé par la Commission interorthodoxe préparatoire, en 1993, reste en suspens, en raison du désaccord constaté au sein du comité de rédaction et du plénum de la Commission interorthodoxe, concernant la signature du Tomos patriarcal qui proclame l’autocéphalie d’une Église locale. Dans leur majorité, les délégués des très saintes Églises orthodoxes ont insisté de préserver la tradition établie, c’est-à-dire que le Tomos patriarcal soit seulement signé par le Patriarche œcuménique, étant celui qui exprime le consensus panorthodoxe pour proclamer une Église autocéphale. Néanmoins, le délégué d’une très sainte Église orthodoxe a insisté sur sa proposition à ce que le Tome patriarcal soit signé par le Patriarche œcuménique et les Primats des très saintes Églises orthodoxes ou, du moins, par le Patriarche œcuménique et le Primat de l’Église orthodoxe dont l’Église proclamée autocéphale est détachée.

Ce désaccord est présenté à notre Commission interorthodoxe préparatoire pour qu’elle en débatte afin de chercher une proposition unanime qui lève le désaccord et qu’elle complète l’approbation du texte ad referendum à la prochaine V Conférence panorthodoxe préconciliaire, conformément au Règlement des Conférences panorthodoxes préconciliaires. Ceux qui insistent sur la signature du Tomos patriarcal par seul le Patriarche œcuménique ont soutenu que, hormis le fait de mettre, de la sorte, en relief la discipline canonique établie en la matière, en exerçant son privilège extraordinaire qui consiste à donner son consentement à l’ouverture par le Patriarcat œcuménique de la procédure destinée à obtenir le consensus des très saintes Églises orthodoxes, l’Église-mère a rempli sa mission, de même que, en donnant leur approbation, les autres Églises orthodoxes ont rempli la leur et au nom desquelles le Patriarche œcuménique signe le Tomos patriarcal proclamant l’autocéphalie.

Cependant l’insistance à ce que le Tomos patriarcal soit conjointement signé, ne fût que par le Primat de l’Église dont est détachée l’Église qui sera proclamée autocéphale prolonge la procédure d’approbation du texte entier qui reste en suspens ; il faut donc chercher une proposition unanime qui lève ce désaccord. Les objections ultérieurement exprimées par certaines très saintes Églises orthodoxes concernant le consentement de l’Église-mère comme condition absolue pour engager la procédure d’octroi de l’autocéphalie à une Église locale (paragraphe 3 a) ne doivent pas être débattues au sein de la présente Commission, car, d’une part, elles n’ont pas été adressées par écrit au Secrétariat et, d’autre part, sur ce paragraphe la Commission interorthodoxe préparatoire a déjà donné son accord unanime ; elles ne peuvent donc être discutées qu’au sein de la V Conférence panorthodoxe préconciliaire.

2. L’autonomie et la manière de la proclamer
Sur cette question, les Contributions des très saintes Églises orthodoxes présentent une approche commune de la quasi-totalité des conditions qu’une Église locale doive remplir pour être proclamée autonome. Il existe néanmoins de sérieuses divergences concernant tant la notion de l’institution canonique de l’autonomie que le mode de proclamation de celle-ci. Ces divergences sont déjà signalées dans le document du Secrétariat concernant les approches convergentes et divergentes de la question, exposées dans le Rapport du Secrétaire à l’attention de la réunion ajournée de la Commission interorthodoxe préparatoire (1999) ; ce document figure dans le dossier sur ce thème que le Secrétariat a préparé à votre attention. Cependant, le Secrétariat juge utile pour les travaux de la présente réunion de la Commission de rappeler le désaccord fondamental, dont d’autres désaccords secondaires sont issus, concernant tant la procédure canonique que les conséquences canoniques d’octroi de l’autonomie à une Église locale, car le fait de lever ce désaccord fondamental implique logiquement la suppression des désaccords qui en découlent.

L’examen attentif des Contributions des très saintes Églises orthodoxes sur la question amène à la conclusion que le désaccord fondamental, générateur d’autres désaccords, est dû à une différence de compréhension ou d’interprétation de l’institution canonique de l’Autonomie. Ainsi, dans leur majorité, les Contributions sur la question, envoyées par les très saintes Églises orthodoxes, conçoivent l’institution canonique de l’Autonomie comme exprimant, en quelque sorte, la complète indépendance administrative intérieure de l’Église proclamée autonome, sur la base de la praxis ecclésiale établie jusqu’à présent ; dès lors, la nouvelle Église autonome est désormais intégrée dans le système canonique des Églises orthodoxes autocéphales et autonomes, sans, bien entendu, que soient abolis les liens spirituels l’unissant à l’Église orthodoxe dont elle a été détachée. En revanche, d’autres très saintes Églises orthodoxes conçoivent l’institution de l’Autonomie comme une affaire intérieure exclusive de chaque Église autocéphale, qui maintient pleinement ses droits canoniques de contrôle exercé sur l’administration et le fonctionnement de l’Église proclamée autonome, bien qu’elle propose que cette dernière soit intégrée dans le système des Églises orthodoxes autocéphales et autonomes.

Or, manifestement, découlant de ce désaccord fondamental, les différences dans le façon d’aborder le mode canonique ou les conséquences canoniques de la proclamation de l’Autonomie d’une Église locale seraient atténuées voire supprimées en levant ce désaccord principal ; dès lors, de l’avis du Secrétariat, le débat sur la question doit être centré sur ledit désaccord, sur la base des critères ecclésiologique et canoniques connus, régissant d’ailleurs le système entier d’organisation administrative de l’Église orthodoxe. Ainsi, une approche conciliant les deux propositions divergentes pourrait garantir tant la pleine indépendance administrative de l’Église proclamée autonome que les liens spirituels évidents de celle-ci avec l’Église autocéphale dont elle est détachée, sans déprécier l’institution canonique de l’Autonomie dans la communion des Églises orthodoxes ni courir le risque latent d’une fragmentation inconsidérée, voire impossible à maîtriser, de l’organisation administrative de l’Église orthodoxe, de surcroît au préjudice obvie de son unité ; risque signalé aussi dans les Contributions des très saintes Églises orthodoxes.

Dans ce sens, il serait cohérent d’appliquer par analogie à la question de l’Autonomie, les critères ecclésiologiques et canoniques, qui ont été appliqués lors de l’élaboration du texte sur l’institution de l’Autocéphalie car, d’une part, conformément à la règle ecclésiale, le respect desdits critères est indispensable s’agissant de toute modification administrative et, d’autre part, cela est proposé dans la majorité des Contributions sur ce thème des très saintes Églises orthodoxes. Ainsi, la levée du désaccord principal portant sur la notion de l’institution canonique de l’Autonomie facilitera aussi l’approche convergente des désaccords subsidiaires portant sur la procédure canonique et les conséquences ecclésiales de l’application de ladite institution, étant donné que le fait d’insister sur les désaccords rendrait en dernière analyse inutile (désuète) une institution ecclésiale établie dans la discipline canonique de l’Église orthodoxe.

Or, il incombe à la Commission interorthodoxe préparatoire de mettre en valeur le fond ecclésiologique et la tradition canonique pour décrire correctement et unanimement les principes fondamentaux régissant le fonctionnement de l’institution de l’Autonomie, principes qui, à l’instar de toutes les institutions administratives ecclésiales, serviront l’unité de l’Église orthodoxe et garantiront le respect de la part des très saintes Églises orthodoxes locales. Par conséquent, tout écart par rapport aux principes canoniques établis entame non seulement la validité (autorité) de l’institution, mais aussi la discipline canonique de l’Église orthodoxe. Dès lors, les confusions que ledit écart créera dans l’application de l’institution auront aussi des incidences défavorables sur le fonctionnement des relations interorthodoxes.

3. Les Diptyques orthodoxes
Cette question est traitée dans quelques Contributions des très saintes Églises orthodoxes qui y font des propositions convergentes et divergentes. Les thèses convergentes se réfèrent principalement au contenu canonique de l’institution ecclésiale des Diptyques et à son importance particulière pour exprimer l’unité de l’Église orthodoxe dans la communion de la foi léguée et le lien de l’amour. Ainsi, les Diptyques ont été immédiatement intégrés dans la divine liturgie et les relations des Trônes patriarcaux, selon leur ordre établi, conformément aux canons afférents des Conciles œcuméniques (canons : 6 du I ; 3 du II ; 8 du III ; 9, 17 et 28 du IV ; 36 et 39 du concile quinisexte) et la tradition ecclésiastique séculaire conforme auxdits canons, et donc non sujets à discussion ou à mise en doute. Par conséquent, les propositions divergentes ne concernent que les Patriarcats et Églises autocéphales proclamés dans les temps modernes, notamment le rang du Patriarcat de Géorgie et celui de l’Église autocéphale de Pologne dans l’ordre des saints Diptyques, en raison principalement du rang différent que lesdites Églises occupent dans les Diptyques de certaines Églises orthodoxes.

Selon la discipline canonique établie dans l’Église orthodoxe, l’inscription et le rang des Patriarcats et des Églises autocéphales plus récents dans les Diptyques sont définis, par le biais de la sollicitude incombant au Patriarcat œcuménique, par consensus panorthodoxe et sur la base du critère canonique d’ancienneté, respectivement de la dignité patriarcale ou du statut d’Église autocéphale, critère entièrement accepté dans toutes les Contributions en la matière des très saintes Églises orthodoxes, bien que celles-ci divergent quant à l’ancienneté de la dignité patriarcale ou de l’autocéphalie des deux Églises précitées. Par conséquent, la Commission interorthodoxe préparatoire peut et se doit d’exprimer l’avis unanime sur les principes canoniques fondamentaux portant tant sur le consensus panorthodoxe que sur l’ancienneté de l’honneur patriarcal ou de l’autocéphalie, pour l’inscription correspondante des Églises dans les saints Diptyques ; par ailleurs, sur la base de ces principes doivent être aussi examinés les désaccords existants sur le rang des deux Églises dans l’ordre des saints Diptyques.

Manifestement, la proposition sympathique que la très sainte Église de Chypre fait dans sa Contribution sur ce thème ne peut être acceptée, concernant le fait que l’ancienneté et l’œcuménicité de la proclamation de l’autocéphalie des Églises, l’emporte sur leur distinction ultérieure en Patriarcats et Églises autocéphales, car, d’une part, cette proposition est dépourvue des fondements nécessaires sur la tradition canonique et la praxis ecclésiale séculaires et, d’autre part, l’acceptation éventuelle de cette proposition renverserait les critères déjà établis régissant le fonctionnement de l’institution des saints Diptyques. Ainsi, au cours du débat sur le thème de l’Autocéphalie au sein de la Commission interorthodoxe préparatoire (1993), certaines Églises ont fait la contre-proposition suivante : accorder la dignité patriarcale à la très sainte Église de Chypre, au lieu de relativiser la distinction établie dans l’ordre des Diptyques orthodoxes. Dans cet esprit, il faudra envisager toute proposition de relativiser tout principe canonique établi pour introduire des modifications dans l’ordre des saints Diptyques, afin de « ne pas déplacer les limites que nos Pères ont posées » et sauvegarder l’unité de l’Église.

Monseigneur le Président, chers Frères en Christ,

Vous avez devant vous les dossiers préparés par le Secrétariat pour la préparation du saint et grand Concile, qui contiennent toutes les pièces nécessaires concernant les thèmes figurant dans l’agenda de la Commission interorthodoxe préparatoire. Vous êtes très avertis des questions, et possédez pleinement la sagesse et la prudence ecclésiastiques pour répondre au mandat dont les très saintes Églises orthodoxes vous ont chargé. Vous avez le soutien de tout cœur du Centre orthodoxe et du Secrétariat pour les travaux de la Commission. Nous souhaitons donc la réussite des travaux à la gloire du saint Dieu en la Trinité et de Sa sainte Église. Bonne réussite !